Désolé pour ce titre un brin racoleur!
Je viens de lire l’article du Télégramme du 16/04 dernier qui fait écho à une enquête du Crédoc destinée à la Caisse Nationale des Allocations Familiales. Dans un contexte très discuté avec la réforme du congé parental d’un côté et les débats autour des allocations familiales (moins d’alloc’ pour les riches, des alloc’ taxées au titre d’impôt sur le revenu, …), l’étude met en lumière des points de vue intéressants.

L’étude était en fait beaucoup plus large que cette simple question du congé parental et des modes d’indemnisation et, bien que tout à fait d’actualité, date d’Octobre 2012. (Etude complète ici). Les questions qui vont nous intéresser aujourd’hui sont les suivantes:

Les parents doivent-ils s’arrêter un temps de travailler pour s’occuper de leur(s) enfant(s)?
Quelle est la durée optimale de cette interruption?
Quelles sont les modalités « idéales » du congé parental (durée, indemnisation, répartition entre les deux parents)?

Congé parental : savoir de quoi on parle

Premier fait, 36 % des  Français estiment que la période d’interruption idéale est de 2 ou 3 ans. A noter qu’en 2010, 41 % soutenaient cet idéal, un recul de 5 points qui se ventile entre + 2 pour un congé parental fractionné, sans limite d’âge de l’enfant (proposition de réforme du congé parental portée par Sarkozy l’an passé) et des durée moins longues (12, 6 ou 3 mois).

Sans grande surprise, les foyers avec 2 enfants ou plus sont 47 % favorables à un congé parental de 2 à 3 ans tandis qu’il ne sont qu’environ un tiers pour des foyers avec 1 ou pas d’enfant.

Fait intéressant, on constate que les personnes de plus de 40 ans sont nettement plus favorables à un congé parental long que les jeunes générations, pourtant plus concernées. Comment peut-on l’analyser ? Une nostalgie de n’avoir pas pu passer assez de temps avec leurs propres enfants ? Une évolution des priorités au fil des âges (pro vs. perso) ? Ni le Crédoc, ni l’article du Télégramme ne propose d’analyse à cette tendance, pourtant très nette. On peut en tout cas affirmer que ces personnes savent de quoi elles parlent contrairement à la majorité des 18 – 24 qui, pour la plupart, ne connait pas encore la parentalité et n’a pas beaucoup à partager entre vie pro et vie perso. Je porterais donc l’analyse suivante: on regrette toujours d’avoir passé plus de temps avec son employeur qu’avec ses enfants, l’enjeu c’est de ne pas s’en rendre compte trop tard.

Les vieux et leurs idées…

Décidément je fais dans les titres provoc’ dans ce post.

A la question, « les femmes devraient elles travailler dans tous les cas où elles le désirent? », 43 % des plus de 70 ans répondent « non », sous entendant au choix:

Elles ne devraient jamais travailler lorsqu’elles ont des enfants en bas âge,
Elles ne devraient travailler que si la famille ne peut vivre  avec un seul salaire,
Elles ne devraient jamais travailler
Elles devraient toujours travailler (moins probable sur ce segment)

Malheureusement, l’étude ne communique pas la ventilation des résultats mais on peut noter que 75 % des 25-39 et 68 % des 40-59 répondent oui à la question. Je trouve que c’est relativement faible.

En croisant les deux infos, on peut donc conclure que les 70 et plus sont pour un congé parental long et pris par la femme. Mais qu’en est-il des autres ? Adressons la question de la répartition de ce congé.

Une non répartition qui coûte cher

On l’a souvent évoqué ensemble, seulement 4 % des pères consomment le congé parental en France en 2012. On peut donc dire que le congé parental est mal ou pas réparti. Je suis persuadé qu’une meilleure répartition de ce congé contribuerait à une plus grande égalité homme femme, notamment d’un point de vue des salaires.

Les sondés révèlent une énorme sous estimation de l’impact d’un arrêt relatif à l’arrivée d’un enfant sur le salaire.

58% des interviewés estiment en effet que la différence de salaire, au bout de dix ans, lorsqu’un parent s’arrête de travailler pendant un an à la naissance de son enfant est négligeable ou faible, par rapport à quelqu’un qui n’a pas interrompu son activité.

65% supposent aussi des différences de salaires faibles ou négligeables au bout de dix ans entre un parent passé à mi-temps pendant un an et une personne qui n’a pas réduit son activité.

Selon Dominique Meurs, auteure de « family pay gap » (effets de l’arrivée d’enfants sur les salaires), affirme que « les travaux existants font état de pénalités significatives allant de -7 % à -24 % selon le pays ». Elle explique ce phénomène par plusieurs mécanisme, dont celui d’un perception d’un faible engagement professionnel ou d’un déficit d’expérience dû à ces interruptions de carrière.

J’attire votre attention également sur le fait que, à niveau de revenu comparable, les hommes ayant de hauts revenus sont moins convaincus de l’impact que peut représenter un arrêt d’activité que les femmes (23 vs. 15% le juge négligeable). Et bien dans ce contexte, prenez-le ce congé parental messieurs !

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